Oui, le résultat des élections me donne envie de crier.

Crier des mots pas toujours polis.

Le parti ayant le moins de mesures environnementales a été élu.

Les politiques environnementales sont encore vues par plusieurs comme un « nice to have » et non pas comme la nécessité qu’elles devraient être. Les politiciens l’ont bien compris.

Je vis à Montréal depuis 10 ans maintenant. Le smog, je le vois, je le respire régulièrement. Les îlots de chaleur, je les vis chaque été. Les déchets, je les vois dans les rues, ainsi que sur le bord et dans le fleuve. Le réchauffement climatique, ce n’est pas qu’une histoire à faire peur à la télé, c’est mon quotidien. Et ce quotidien n’est RIEN en comparaison à ce qui se vit ailleurs.

Mais la pollution de la Chine est aussi la nôtre, comme celle de l’Inde et de tous ces pays qui produisent nos biens qui finissent aux poubelles en un temps record. Nous vivons tous sur la même planète, et ce n’est pas parce que nous sommes environnementalement privilégiés que ça nous accorde le droit de nous mettre la tête dans le sable.

Nous vivons sans voiture, essayons de réduire nos déchets et notre consommation de produits animaliers depuis 5 ans. Les mouvements du genre sont de plus en plus populaires, de plus en plus de gens veulent faire leur part. Pourtant, la situation est de plus en plus dramatique. Pourquoi? Parce que ces efforts ne suffisent pas! Les mouvements individuels doivent être renforcés et facilités par nos gouvernements. Et il nous faut des lois pour forcer l’industrie à faire passer la planète avant leur profit. Parce qu’ils ne le feront pas eux-mêmes. Tout comme nous préférons, comme citoyens, les baisses d’impôts aux investissements environnementaux.

Je ne peux me résoudre à baisser les bras. Je n’ai pas le tempérament idéal pour manifester et être à l’avant-scène, mais ce que je peux faire c’est de vous montrer le monde à travers mes yeux. Parce que oui, il y a beaucoup de beau, et ce beaucoup de beau, et bien, on est en train de le sacrifier pour le bien-être de notre porte-feuille.

Et il faut se faire à l’idée, nos réfugiés de demain seront climatiques, et nous serons bien mal vu de leur refuser l’accueil alors que nous serons en partie responsables de leur torture.

Accepter le malaise

J’essaie de m’abreuver d’information le plus possible. Surtout lorsque ça concerne des sujets qui m’intéressent. L’environnement, les inégalités sociales et le bien-être physique et mental en font partie. Je lis beaucoup moins de roman, mais beaucoup plus d’essais, d’articles, de blogues, d’opinions.

Mon cerveau est constamment en ébullition. C’est bien, mais c’est aussi épuisant. Je m’intéresse beaucoup au comportement humain. Comment influencer positivement les gens, sans les rebiffer dans leur recoin. Le mécanisme de protection, quand l’information ne va pas dans le sens de nos croyances, est fort. Le mécanisme de réponse aussi. Et je ne fais pas exception à la règle. Et il y a les réseaux sociaux qui favorisent les réactions intenses, en omettant de nous transmettre l’émotion de l’humain de l’autre côté de l’écran. Mais ça c’est une autre histoire.

Parfois, je lis des trucs qui me déplaisent. J’ai le choix de les réfuter sans écouter, de les ignorer ou de me dire que ça ne me touche pas, ou encore d’embrasser le malaise. Accepter le malaise n’est pas une solution facile, mais je crois que c’est celle qui fait avancer le plus.  Parfois, les arguments ne changeront rien à notre opinion, d’autres fois ils aideront à évoluer. Accepter qu’on peut se tromper aide aussi beaucoup à avancer.

En 2018, je me suis mise au défi de m’impliquer d’avantage. Parce qu’il y a des limites sur ce qu’on peut faire individuellement. Mais je suis limitée. Je n’aurai jamais l’énergie d’une personne normale (mais qu’est-ce que la normalité), ou de la moyenne des gens, si vous préférez. Ma tête me joue des tours, et, comme une allergie, me fait craindre des évènements inoffensifs, utilisant toute mon énergie pour combattre l’invisible. Je crois personnellement que, pour avancer, je dois accepter mes limitations. Et je ne peux tout combattre en même temps.

Réflexion de Noël sur le zéro déchet

J’ai envie de vous parler de Noël. Oui, je suis un peu tard, vos cadeaux sont probablement déjà faits, mais bon, j’avais les miens à faire aussi alors… :p

Noël a une signification particulière pour chaque personne. Pour certains, ça représente des années de mauvais souvenirs, de conflits et de déceptions, pour d’autres c’est une fête entièrement religieuse (oui, oui, je suis certaine que ça existe encore), il y a certainement ceux qui s’en foutent royalement et finalement ceux pour qui Noël rime avec orgie de cadeaux et de bouffe (allo!).

C’est de cette dernière catégorie dont je veux parler. Parce que, on ne se le cachera pas, cette définition de Noël ne rime pas vraiment avec zéro déchet. Et il n’y a pas meilleure façon de s’immerger totalement dans le gaspillage de cette fête, que lorsqu’on a des enfants. Si c’est plutôt facile de contrôler ce qu’on fait entrer dans la maison (ici les enfants reçoivent chacun un cadeau du Père Noël et un livre de nous), on perd complètement le contrôle lorsqu’on parle de la famille.

Je le répète souvent, nous ne sommes pas tous rendus à la même place dans notre cheminement, qu’on parle de zéro déchet ou même juste de vie. Même moi, qui travaille depuis plusieurs années à minimaliser mon impact sur cette planète, je n’ai vraiment compris, que cette année, que l’important c’est le temps qu’on passe ensemble, pas les babioles qu’on a à donner. J’adore donner, mais courir pendant 3 semaines pour finaliser les cadeaux faits maison, un peu moins.

Donc bref, la famille, on fait quoi avec ça? On explique, on suggère et on dit merci.

On explique ou réexplique notre cheminement, on souligne qu’on vit dans un 5 et demi pas de sous-sol et qu’on essaie de limiter nos possessions.
On suggère des activités, des livres, des fins de semaine dans la famille (tsé, l’importance du temps passé ensemble), une contribution pour un cadeau commun.
Et on dit merci. Il ne faut pas penser que les cadeaux faits par autrui sont faits dans le but ultime de nuire à notre style de vie. Parfois, ça part d’un bon sentiment (tous les autres enfants de la famille vont recevoir un jouet et on ne veut pas que les tiens soient tristes), des fois c’est que la distance, le rythme de vie et les obligations ne permettent pas une activité.

Et les quelques cadeaux que l’on fait, on les emballe comment? Mon principal conseil, c’est de ne rien acheter pour emballer. C’est un non-sens pour moi d’acheter un item qui a pour simple but d’être jeté. Que ce soit de l’emballage en papier recyclé ou en tissus. (Ceci dit, pour être honnête, j’ai un gros rouleau pré-zéro déchet qui traîne dans mon garde-robe et que j’utilise pour les cadeaux du Père Noël, question de les différencier des cadeaux qui viennent de nous.)

Alors on emballe comment? On improvise! Du papier de rembourrage d’une compagnie d’achat en ligne bien connue, du papier journal, des dessins d’enfants, un vieux foulard ou du tissu récupéré… Cette année, j’ai fait plusieurs sacs à vrac avec des échantillons de tissus récupérés au bureau (destinés à la poubelle!), alors j’emballe mes cadeaux là-dedans. Ça fait joli, et les gens peuvent les réutiliser ensuite.

Après avoir parlé de l’évident, il faut maintenant parler de la nourriture. Le gaspillage alimentaire est particulièrement présent en cette période de l’année. Il y a tout de même quelques petits trucs qui peuvent aider.

Si on reçoit :
On cuisine moins. Sérieusement, on prépare toujours trop de nourriture. Non seulement ça coûte cher, ça prend du temps, mais ça encourage à se « bourrer la face » (et à mal filer le lendemain).
Diminuer la quantité de viande. Le coût environnemental de notre consommation de viande n’est plus à démontrer. Entre la dinde, le ragoût de boulettes, les tourtières et les charcuteries, il y a certainement un petit quelque chose qu’on peut mettre de côté. Ou en offrir en plus petite quantité.

Si on est invité :
Servez-vous des petites assiettes. Comme ça on évite de trop manger ou de jeter une partie de son souper. Et on en reprend si on a encore faim (ou on attend le dessert).
Dites oui aux restants! Encore mieux, apportez vos plats pour éviter de vous retrouver avec les vieux plats de margarine de vos hôtes. Mon premier reflex souvent de refuser les restants, un peu de « si ce n’est pas chez moi, ce n’est pas moi qui gaspille » et beaucoup du fait que je me sens mal à l’aise de partir avec de la nourriture de mes hôtes. Mais personne n’a envie de manger des restants pendant une semaine et ce qu’on rapporte pour « revaloriser », on est ainsi plus certain que ça ne finira pas à la poubelle.

Et pourquoi ne pas partager vos restants à des voisins ou sur des groupes d’entraide? Offrir un peu des excès de Noël à ceux qui ne peuvent se le permettre!

Sur ce, je vous souhaite un bon temps des fêtes. Et surtout, n’oubliez pas d’en profiter!

Des nouvelles

Malgré toute ma bonne volonté, j’ai quelques difficultés à garder un rythme satisfaisant sur ce blogue. Sachez que je ne vous oublie pas, et voici quelques nouvelles en vrac, en attendant un article plus complet.

Notre poubelle a pris un peu de poids dernièrement. Les chips sont toujours notre bête noire. J’ai un monstre mangeur de cochonneries qui se lève la nuit pour finir nos réserves de snacks, alors je ne peux pas rien « stocker » et les commerces les plus près n’ont pas d’options en vrac pour satisfaire nos fringales de fin de soirée.

En lien avec le dernier point, je crois que je vais prendre une pause sur la prise de poids de notre poubelle. Je veux me concentrer sur les améliorations que nous pouvons faire, au lieu de nous comparer à autrui. Le positif avant le négatif.

Je n’ai pas utilisé de shampoing ou de barres de shampoing depuis décembre. Et ça va plutôt bien jusqu’à maintenant. J’aurai un nouveau défi à ce sujet en juillet, puisque nous partons en vacances pour plus d’une semaine.

Parlant de vacances, le zéro déchet à l’extérieur de la maison sera aussi un beau défi, puisque nous avons l’habitude de nous relâcher lorsque nous sommes sur la route (allo McCrap et cie). C’est à suivre.

Un de mes plus gros défis zéro déchet, c’est celui de gérer mon anxiété sociale. J’avais même pensé écrire un article, le zéro déchet pour les anxieux. Ça vous intéresse?

J’ai plusieurs projets en tête, en parallèle et en croisé de celui-ci, donc si je finis par me botter les fesses, vous allez peut-être voir des trucs passer par ici.

En attendant, profitez bien de l’été!

 

Le No Poo : l’expérience – 1ère partie

Pourquoi tenter le No Poo? Pour ma part, c’était par souci de trouver une solution correcte pour l’environnement que mes cheveux apprécieraient. Il faut dire que je n’ai jamais été emballé par l’aspect de mes cheveux. Ils sont trop fins, trop gras et trop sans volume. Et comme je n’ai jamais trouvé de produit miracle pour mes cheveux, je n’avais pas grand-chose à perdre en essayant le No Poo.

J’ai débuté l’expérience avec le bicarbonate de soude (voir plus bas pour la recette), parce que j’en avais, tsé. La « petite vache » est l’ingrédient le plus populaire et aussi le plus critiqué du No Poo. Le bicarbonate de soude nettoie très bien le sébum, mais peut être difficile sur le cheveu et le cuir chevelu. Certains spécialistes du cheveu vont monter au front pour vous dire que c’est la pire des idées alors d’autres l’utilisent régulièrement depuis des années avec de très bons résultats.

Le résultat : mes cheveux sont propres, même plus qu’avec la barre de shampooing. Et tellement doux! J’utilise maintenant cette technique à l’occasion, lorsque ma technique principale ne donne plus d’aussi beau résultat.

J’ai fait ma deuxième expérience avec de la farine de seigle. Mon but était de trouver une alternative assez simple au bicarbonate de soude, avec des ingrédients communs. La recette est simple, mélanger la farine avec de l’eau pour faire une pâte un peu liquide (style pâte à crêpe), appliquer sur les cheveux humides en frottant comme un shampoing, et sacrer en essayant d’enlever la pâte des cheveux.

Le résultat : nul. Mes cheveux étaient aussi gras qu’au départ, avec plein de particules de seigle dedans.

Ma troisième expérience, les noix de lavage. Suite à un léger découragement, des fois ça ne me prend pas grand-chose, j’ai poussé mes recherches pour trouver une technique qui offre de bons résultats avec les eaux un peu plus dures (l’eau de Montréal modérément dure disons). J’ai trouvé des noix de lavage dans une boîte en carton, près de chez moi, à la Mistinguette.

Résultat : propre et heu… allo le volume! Je n’ai jamais eu ça moi du volume. C’est le non-shampoing que j’utilise le plus régulièrement.

 

Bicarbonate de soude, la recette : 

  • 1 c. à soupe de bicarbonate de soude
  • 1 c. à soupe de vinaigre de cidre
  • 2 tasses d’eau bouillante

Dans un contenant, mélanger le bicarbonate de soude à 1 tasse d’eau bouillante. Dans un autre contenant, mélanger le vinaigre de cidre à l’autre tasse d’eau bouillante. Attendre que les 2 mélanges soient à une température agréable.

Sous la douche, mouiller les cheveux et appliquer le mélange de bicarbonate. Laissez agir quelques minutes. Par souci d’économie d’eau, je sors de la douche pour me raser. J’enveloppe aussi mes cheveux dans un vieux t-shirt, parce que l’eau au bicarbonate sur les mamelons ce n’est pas agréable.

Rincer les cheveux et appliquer le mélange de vinaigre de cidre. Laisser reposer 1 ou 2 minutes et rincer. Le vinaigre de cidre agit comme revitalisant et rétablit supposément le ph du cuir chevelu.

 

Noix de lavage, la recette :

  • 7 noix de lavage (plus ou moins, selon la dureté de l’eau).
  • 1 1/2 tasse d’eau

Faire bouillir l’eau avec les noix de lavage (moi je les mets dans un petit sac en tissus qui venait avec la boîte, je trouve ça plus simple) et laisser mijoter 30 minutes à découvert pour réduire.

Laisser refroidir jusqu’à ce qu’on puisse presser le sac sans se brûler. Extraire le jus et retirer le sac.

Utiliser comme un shampoing (ne soyez pas surpris, ça ne mousse pas vraiment). Rincer.

Attention aux yeux! Je n’ai pas testé pour vous, mais c’est, semble-t-il, très douloureux.

Je dois aussi vous avertir, les noix de lavage ont une drôle d’odeur. En gros, ça pu. D’une façon plutôt bizarre. Les cheveux ne sentent plus une fois secs, mais il est fort possible que vous ayez envie de sortir de la cuisine au moment de la préparation du non-shampoing.

 

La vie sans shampoing

J’en ai glissé un mot dans un de mes derniers articles, je teste présentement des alternatives pour le soin de mes cheveux. Bon, techniquement je n’utilise plus de « shampoing » depuis un an ou deux, puisque je me lave les cheveux avec une barre de savon. Mais à la fin de l’année dernière, j’ai décidé de sauter de l’autre côté de la clôture et de tester… le NO POO. *cris d’épouvantes*

Mais avant de vous mettre à jour sur mes expériences, vaut mieux commencer par le commencement. Qu’est-ce que le « no poo »?

C’est assez simple en fait, « no poo » veut dire « no shampoo », donc bref, se laver les cheveux sans shampoing. Et moins souvent. Le moins souvent possible. Mais se brosser les cheveux régulièrement avec une bonne brosse à cheveux. « Comme dans le temps. »

giphy

Selon les principes du « no poo », les shampoings commerciaux serviraient à enlever la protection naturelle du cheveu, le sébum, pour la remplacer « chimiquement », provoquant une surproduction du dit sébum et entraînant une consommation quotidienne de shampoing. Ceci dit, je n’ai aucune source scientifique pour confirmer ceci, mais je sais que la plupart des spécialistes du cheveu s’entendent pour dire qu’un shampoing quotidien, c’est trop.

Le « no poo » se subdivise en plusieurs « clans » :

  • Le low poo : utilisation de shampoing « naturel » sans sulfate, silicone ou parabens.
  • Le OH poo : utilisation de savon (barre de shampoing , savon de castille, etc.).
  • Le no poo : utilisation de divers produits autres que du shampoing ou du savon (bicarbonate de soude, noix de lavage, farines diverses, oeufs, argile, etc.).
  • Le conditionner only : utilisation de revitalisant seulement. Très populaire auprès des personnes aux cheveux bouclés.
  • Le acid only : utilisation d’un produit acide (vinaigre, café, thé, jus de citron, etc.), dilué au besoin, pour revitaliser les cheveux.
  • Le water only : utilisation de l’eau uniquement, avec une bonne technique de massage du cuir chevelu sous la douche.
  • Le sebum only : utilisation de la brosse uniquement (avec massage du cuir chevelu), pour répartir le sébum. Aucun lavage de cheveux (ou 1 ou 2 par année).

Peu importe le clan, l’essentiel du « no poo » c’est de se brosser régulièrement (un bémol ici pour les cheveux frisés), espacer ses lavages et écouter son cheveu. Oui, oui. S’il n’est pas heureux, essayez de comprendre pourquoi et changez de technique.

Si l’aventure vous intéresse, je vous conseille ce groupe Facebook : No Poo (no shampoo) & Low Poo Hair Care Group Forum. Vous trouverez dans les fichiers une tonne d’information, j’y ai par ailleurs appris que les barres de shampoing doivent idéalement être utilisées avec un acide pour rééquilibrer le ph (oups).

Si vous êtes tout simplement curieux, je vous parlerai de mon expérience dans un prochain billet.