L’épicerie

Ma façon de faire mes achats a beaucoup changé dans la dernière année. Le plus gros tournant a été notre déménagement. Ici, tout se trouve (ou presque) à quelques minutes à pied. Donc inutile de stocker en grosse quantité.  Ensuite, dans notre quête d’une meilleure alimentation, on a éliminé beaucoup d’aliments transformés dont on avait besoin avant. Et puis finalement, dans ma quête de zéro déchet, j’ai dû changer quelque peu mes habitudes de consommation.

Alors voici à quoi ressemble « l’épicerie » chez moi…

Le mercredi, c’est la soirée fermier de famille. Je pars donc avec mon petit chariot, chercher mon panier de légumes bio au point de chute à 8 minutes de chez moi. J’en profite pour acheter des oeufs, si besoin il y a (je tente de limiter ma consommation). Je peux rapporter mon carton d’oeuf la semaine suivante et la majorité des légumes ne sont pas emballés. Cette semaine j’ai hérité d’un sac pour mes haricots et d’un sac pour les pois (les portions sont séparées d’avance pour que les gens puissent se servir eux-mêmes).

Le vendredi (habituellement), je vais au Marché Atwater. C’est un peu plus loin, alors j’essaie de n’y aller qu’une fois par semaine. Le plus gros de mon épicerie se fait au Marché du Vrac. J’apporte mes sacs de plastique (d’anciennes pintes de lait) que je nettoie et réutilise à chaque fois. J’y achète, mes noix, mes fruits séchés, des grignotines, du quinoa, des produits de cuisson (bicarbonate de soude, fécule de maïs, levure, sucre, épices, pépites de chocolat), etc. Bref presque tous mes ingrédients secs. Tout ça en vrac, donc aucun emballage. J’en profite pour aller à la Fromagerie du Marché acheter mon lait (principalement pour les céréales des enfants) en pot de vitre consigné et pour passer chercher mon café équitable à la brulerie en réutilisant mon sac. Je visite aussi les kiosques de fruits et légumes pour compléter ce que je ne trouve pas dans mon panier du mercredi.

Le reste de mes achats se fait au besoin. J’achète ma farine, mon riz et mes légumineuses en vrac à la Branche d’Olivier au coin de la rue. Mon pain à la boulangerie et je le fais mettre dans mon propre sac, quand je ne le fais pas moi-même (je manque encore de pratique là-dessus). J’achète mes produits de nettoyage et le savon des enfants en vrac à la Mistinguette et j’apporte mon plat à la fromagerie lorsqu’on décide de se faire plaisir avec un morceau de fromage.

J’achète encore plusieurs choses avec emballage, soit parce que je n’ai pas encore trouvé d’alternative ou parce que mes achats impliqueraient un trop grand détour. C’est le cas des céréales des enfants, des pâtes, du tofu, de l’huile d’olive, du beurre, des beurres de noix, des condiments, de la bouffe à chat, la litière ainsi que toutes les impulsions (chips, crème glacée, jus, bières, vin, etc.) que je limite le plus possible. Je fais mon propre lait de noix et je prévois faire mes propres conserves de tomate et de maïs. Je ne me suis pas encore risquée avec les beurres de noix, mais j’y pense.

Ça semble compliqué, mais une fois la routine installée, ça fonctionne plutôt bien. J’ai également la chance d’habiter un quartier où je peux faire tout ça, sans voiture. Mais il est également possible de le faire en voiture lorsque les commerces ne sont pas proches. Si l’aventure vous tente, je vous conseille l’application Bulk de Zero Waste Home. Pour les paniers de légumes, j’ai trouvé le mien via Équiterre.

Ce n’est pas nécessaire de changer nos habitudes du jour au lendemain non plus. J’ai commencé le tout tranquillement, et aujourd’hui cette façon de faire me semble plutôt normale. Et je suis toujours à la recherche de moyen de m’améliorer.

*UPDATE 2016-01-04 : J’ai quelque peu changé mes habitudes avec l’hiver. J’ai toujours un panier fermier, qui se termine ce mois-ci, que je dois récupérer aux 2 semaines. Le dernier dimanche de chaque mois, je vais chez Frenco pour profiter du 10% de rabais. J’en profite pour acheter plusieurs trucs que je ne trouve pas ailleurs. Vers la moitié du mois, mon conjoint va au Vrac du Marché faire le plein de ce qui nous manque. Bref, 2 « épiceries » par mois. Mais je vais toujours à la Branche d’Olivier au besoin, puisque c’est juste à côté. Je vais devoir repenser mon approvisionnement en légumes qui est plus compliqué l’hiver.*

Bio-bobo

Beaucoup trouvent le bio trop cher, certains pensent qu’il s’agit d’une gamique pour faire plus d’argent, alors que d’autres croient que le bio n’en fait pas assez. Des spécialistes mettent également en doute la capacité de la planète à nourrir tout le monde avec une agriculture uniquement bio. Comme dans toute chose, l’idéal se trouve probablement quelque part entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture bio. Pour l’instant, la culture bio certifiée est un bon moyen pour s’assurer un respect minimum de l’environnement lorsqu’on ignore la provenance de l’aliment. En attendant d’avoir de l’étiquetage adéquat, c’est aussi un bon moyen de s’assurer de ne pas consommer des organismes génétiquement modifiés.

Les méchants OGM. Il faut d’abord savoir qu’au Québec, à part une variété de papaye et de maïs sucré, très peu de fruits et légumes OGM se retrouvent sur les tablettes1. On les retrouve principalement dans les aliments transformés et dans l’alimentation animale. Et comme la majeure partie de notre production d’OGM est le maïs, le soja et le canola, beaucoup d’aliments transformés risquent d’en contenir. Il ne faut pas paniquer pour autant, ça ne veut pas dire qu’ils en contiennent et rien jusqu’à présent ne prouve que les OGM sont néfastes pour l’humain. Si ça se trouve, ça nous rend plus forts. Ou bien ça nous donne le cancer, allez savoir. Ces changements génétiques permettent aux plantes de résister à certains insectes, certaines maladies et aux herbicides qui servent à éliminer le reste. Être sans danger, ce serait merveilleux. Malheureusement, ce n’est pas si simple. En plus des problèmes reliés à l’utilisation d’herbicide, dans un monde de super-aliments, on pourrait rapidement voir disparaître des espèces non-OGM, et comme certaines mauvaises herbes autour des champs commencent à démontrer une résistance aux herbicides, ce ne serait peut-être pas que les bons aliments qui resteraient.

Le bio n’est cependant pas la (seule) solution. Il laisse sous-entendre que le non-bio est irrespectueux de l’environnement ce qui est loin d’être le cas. Certains producteurs non-bio en font autant, sinon plus que les producteurs bio. On peut prendre exemple ici sur les fermes Lufa qui n’ont pas de certification bio. Dans un monde idéal, nous achèterions directement du producteur et pourrions nous-mêmes constater si ses méthodes d’agricultures nous conviennent ou pas et ainsi la certification ne serait plus nécessaire.

Le bio n’est pas non plus pour tout le monde. Lorsque le budget est serré, il est TOUJOURS préférable de manger plus de légumes non-bio que peu de légumes  bios. Si c’est votre cas, je vous invite à visiter l’organisme Bonne boîte, bonne bouffe, disponible à Montréal, Laval, dans les Laurentides et Lanaudière.

1Sauver la planète une bouchée à la fois, chapitre Manger bio.