Vie et non-mort du plastique

Le plastique se retrouve souvent sur la sellette lorsque l’on parle d’environnement et de santé. Les puristes du Zéro déchet vous diront que la première étape vers une vie plus verte est de remplacer tous vos plats de plastique par des plats en vitre ou en inox. Personnellement, je trouve que cette étape est une contradiction avec le mode de vie Zéro déchet, puisqu’elle crée beaucoup de déchets inutiles en une seule étape. Cependant, je vous conseille fortement de vous débarrasser de tous vos contenants usés et de ne conserver que les contenants no 2, 4 et 5. Il est également préférable de ne pas mettre le plastique au micro-onde, il suffit simplement de transvider le tout dans une assiette avant de chauffer. Vous pouvez laisser une assiette au bureau pour vos lunchs du midi. Ensuite vous pouvez effectivement remplacer vos contenants manquants par des plats en vitre ou en inox. Il y a aussi beaucoup de contenants de nourriture achetée (yogourt, margarine et autres) qui n’attendent que d’être réutilisés. Il ne faut pas les négliger, ils sont déjà payés de toute façon.

Outre le coté santé, le plastique est aussi un gros problème d’un point de vue environnemental. Non seulement il est fabriqué à partir de pétrole (polluant et non renouvelable), il est aussi victime de sa principale qualité, il est trop durable. Lorsqu’il se retrouve dans la nature, il se brise mais ne disparait jamais complètement. Il pollue l’océan et rend les poissons malade.

Heureusement, le plastique se recycle. Enfin, certains plastiques. Les jouets pour enfants, par exemple, ne sont habituellement pas recyclable. L’idéal, s’ils sont en bon état, c’est de les donner au suivant. Mais, même là, le plastique ne se recycle pas éternellement. Dans plusieurs cas, le plastique se recycle en plastique qui ne se recycle plus ensuite. Par exemple, une bouteille de Pepsi peu devenir de l’isolant pour manteau. Manteau qui finira au dépotoir en fin de vie. Aussi, nos plastiques sont souvent vendu à l’étranger. Un peu parce que les chinois nous donne plus d’argent pour, beaucoup parce que nos équipements ne sont pas assez adaptés pour le tri et que nos plastiques doivent être triés à nouveau avant l’utilisation.

Le plastique a cependant plusieurs avantage. Comme sa durabilité et son poids. Changez tous vos plats de lunch par des plats de vitre et vous allez comprendre ce que je veux dire. Il est aussi partout, donc difficilement évitable.  Mais il est possible d’en réduire notre utilisation, par l’achat en vrac par exemple, et de le réutiliser le plus possible avant de le mettre à la récupération.

Le recyclage n’est pas la solution

Je viens d’une petite ville du nom de Kingsey Falls. Ville mieux connue comme étant l’endroit où se trouve le siège social des usines Cascades.

J’ai appris la base du recyclage avant même qu’une collecte soit en place. Je sais comment est fait le papier recyclé et comment en faire avec un malaxeur et un moustiquaire. Je sais que le styromousse est fait de résidus de pétrole. Je possède (merci à ma maman) un des premiers modèles de bancs en plastique recyclé. Je sais ce qui se passe dans une usine de tri de matériaux parce que j’y ai déjà travaillé.

Pour moi, recycler est non seulement normal, c’est aussi une nécessité.

C’est pourquoi ce fut difficile d’admettre que recycler n’est pas la solution.

Le temps a beaucoup changé depuis mon enfance. Ce temps où mon père rapportait ses sacs de papier à l’épicerie pour les réutiliser, où ma mère lavait ses sacs de plastique pour la nourriture et où mon grand-père entreposait ses vis dans ses vieux pots de tabac. Aujourd’hui, tout est conçu, ou presque, pour un usage unique. Et ce qui pourrait être réutilisé se retrouve souvent au recyclage. Mais on recycle, c’est ça l’important, non?

Non. Le recyclage ne se fait pas sans impact. Il y a le camion qui apporte notre récupération à l’usine de tri. Les items qu’on met là au cas, pour se donner bonne conscience, mais qui sont finalement mis à la poubelle. Le papier ou les sacs de plastique qui ne sont pas regroupés et qui se retrouvent aussi à la poubelle, le verre qui est recyclable, mais peu recyclé. Ensuite l’acheminement, souvent outremer, de notre recyclage. La production du nouveau produit, son transfert à la compagnie qui le commercialise, et finalement, l’acheminement au supermarché.

La solution? Réutiliser. Comme nos parents à l’époque. Se demander avant de mettre au recyclage si on peut l’utiliser pour autre chose. Et même mieux, se demander avant de l’acheter si on peut l’acheter sans contenant ou dans un contenant facilement réutilisable. Le tout selon nos moyens et le temps qu’on a à y consacrer, bien sûr.

Ceci dit, le recyclage est toujours une meilleure solution que l’enfouissement. Dans la mesure où les choses sont bien faites. À ce sujet, je vous invite à lire ce billet de Sortir les poubelles pour réviser la « base » du recyclage.